mardi 12 avril 2011

Derniers jours à Pékin / Last days in Beijing

Lundi 11 avril

Aujourd'hui, je suis fatiguée et j'accuse un petit coup de ras-le-bol... Je crois que je veux trop en faire. Le jour du départ approche à grand pas et il y a encore beaucoup de choses que j'aimerais voir.

Ce matin, j'ai commencé par le Marché de la Soie mais cela m'a semblé trop commercial et touristique. Cet endroit mérite un coup d'œil, mais je ne m'y suis pas attardée. En y arrivant dans ce grand bâtiment moderne, je me suis tout de suite dirigée vers les escalators pour atteindre le 3ème étage (qui selon le Lonely Planet, est le seul endroit où l'on peut encore trouvé des pièces authentiques). Cela ressemble plus à un grand magasin type Printemps ou Galeries Lafayette qu'à un marché... Pour moi, cet endroit manque de charme. Pourtant, parmi les tissus, les vêtements et autres accessoires (cravates, foulards, ...), j'aurai dû être dans mon élément. Je me suis vite sentie oppressée. L'espace est organisé par de nombreux box, dans lesquels se trouvent des vendeuses prêtent à sauter sur les acheteurs potentiels.


En passant devant l'un des stands, je finis par m'arrêter et regarder des vêtements pour enfants. Difficile de résister, c'est tellement mignon !... Tout de suite, la vendeuse me tombe dessus et me propose une robe de petite fille en satin. Elle m'annonce 220Y. Je dis non et commence à partir alors elle descend à 200 puis 150. Je lui dis que ça ne m'intéresse pas. Elle finit par me tendre sa calculatrice pour que je fasse une proposition. Je pense à Chloé, ma petite cousine, qui est très coquette et serait ravissante dedans. Alors j'y vais au culot et propose 60Y. Après négociations, je finis par l'emporter à 90Y. Je suis fière d'avoir marchandé mais je pense que c'est encore un peu cher... C'est difficile pour moi car je n'ai pas encore bien assimilé la valeur des choses et je ne veux pas être offensante en proposant un prix trop bas.

Après cette expérience, je pars me promener dans la ville en passant par le Parc Ritan (que j'avais fait le premier jour) et le Temple Zhihua, situé au milieu de hútòng. Je le trouve sans grand intérêt mais c'est surtout, je pense, parce que j'arrive à saturation des temples et des palais !
Nouvelle épreuve : acheter à manger au Seven Eleven, sorte de petite supermarché. La difficulté étant de savoir ce qu'on est en train d'acheter car tout est écrit en chinois...
L'après-midi, j'ai visité le Temple des Lamas. Semblable aux autres à l'exception d'une impressionnante statue de Bouddha. Elle mesure 18m et est sculptée en un seul morceau dans un tronc d'arbre. C'est une vraie prouesse, si bien que la statue figure dans le Guinness Book...
Beaucoup de gens viennent prier dans ce temple. Pour honorer Bouddha, ils doivent faire brûler 3 bâtonnets d'encens.

Le soir, nous allons manger dans un restaurant coréen avec Vanessa. Situé à Nanluogu Xiang, au coeur d'un  hútòng, ce restaurant possède un toit-terrasse qui nous offre une jolie vue sur les rues en contrebas pendant notre dîner.

Mardi 12 avril 

C'est ma dernière journée à Pékin. Je m'impose une matinée de repos à l'appartement avant de partir sillonner une dernière fois la ville. Au programme : le Dagoba blanc du Temple Miaoying et les bords du lac Houhai. Grosse déception en arrivant à la Pagode blanche : celle-ci est en cours de rénovation et seule la pointe n'est pas recouverte d'échafaudages... 

Ayant atteint mon paroxysme de fainéantise aujourd'hui, je décide de prendre un taxi. C'est la première fois que je vais le faire seule (à Pékin bien sûr...). Pour héler un taxi, il faut faire un signe de haut en bas avec la main, la paume dirigée vers le sol. Une fois dans le taxi, j'arrive à lui expliquer où je veux me rendre et c'est une grande fierté pour moi ! Il me dépose donc près du lac Houhai. La promenade autour du lac n'est pas aussi reposante que je le pensais : de nombreux conducteurs de rickshaw (sorte de pousse-pousse avec un vélo) viennent me solliciter... Des "Lady !" ou encore des "Miss !" fusent et je passe mon temps à dire non. En passant près des bars et des restaurants, même topo... Je finis par m'installer sur le toit-terrasse d'un bar avec une glace aux myrtilles pour m'accorder un petit moment de calme.

Sur le chemin du retour, j'emprunte une rue commerçante afin de gagner la Tour du Tambour. Dans l'une des boutiques, je m'arrête pour regarder ... (je ne peux pas vous dire quoi, c'est un cadeau pour mon amoureux...) et la vendeuse, comme d'habitude, me saute dessus. Je m'essaie à nouveau au marchandage et arrive à faire baisser le prix de 480Y à 100Y. Mais comme la veille, je pense que c'est encore trop cher... Je suis quand même contente de mon achat et j'espère qu'il fera plaisir à celui à qui il est destiné.

Le retour se fera en taxi (grosse, grosse flemme).

dimanche 10 avril 2011

La Grande Muraille / The Great Wall

Aujourd'hui, c'est dimanche, mais le réveil sonne car nous allons à la Grande Muraille ! Premier objectif : négocier un minibus pour rejoindre un tronçon peu touristique. Jasmine, l'amie chinoise de Vanessa qui nous accompagne, est d'une grande aide sur ce coup-là. L'aller-retour nous coûtera 550Y, c'est un peu cher mais comme il y a peu de chauffeurs à l'heure où nous arrivons, nous ne pouvons pas faire autrement que d'accepter ce tarif.

Nous allons à Jinshanling, soit à environ 130km de Pékin. Cela fait à peu près 3h de trajet. Notre chauffeur conduit comme tous les autres : c'est-à-dire n'importe comment ! Ici, c'est chacun pour soi. Les gens roulent n'importe comment, doublent alors qu'une voiture arrive en face, ne s'arrêtent pas pour les piétons, usent du klaxon à tout va... Plusieurs fois, nous avons eu quelques frayeurs ! Mais bizarrement, les accidents sont rares.

Aller sur la Grande Muraille est très sportif, voir acrobatique parfois. En passant, je bénis mes nouvelles chaussures de marche achetées juste avant le départ et offertes par mon oncle/parrain bien-aimé.
Au départ, nous avions juste à nous plaindre des marches à monter, puis à descendre, puis à monter, puis à descendre à nouveau... Puis nous sommes arrivées sur des parties plus anciennes et/ou moins restaurées, si bien qu'à la fin c'était vraiment difficile et il fallait faire très attention.


C'était très éprouvant physiquement, mais c'est une expérience extraordinaire que j'ai vécu et dont je garderais le souvenir toute ma vie.

samedi 9 avril 2011

Un samedi à Pékin / A saturday in Beijing

Mais juste avant de parler d'aujourd'hui, il faut que je vous parle du restaurant où nous sommes allés hier soir. C'est un restaurant qui sert des fondues chinoises, dans la "rue des fantômes". Pour commencer, il faut choisir l'arôme de la petite marmite d'eau bouillante dans laquelle seront plongés les aliments : tomate, curry, citrouille, bouillon de bœuf ou de poulet, ... Ensuite, on choisit les ingrédients parmi un large éventail de possibilités : viande ou poisson (ceux qui me connaissent savent que je ne vais pas détailler cette partie...), carottes, citrouille, différentes sortes de tofu, épinards (dont on a su après qu'il ne fallait pas les manger à cause de la radioactivité !), pomme de terre, lotus, ... Nous étions 5 et cela nous a permis de goûter beaucoup de plats différents. Et puis pour terminer, il y a un buffet où l'on peut choisir sa sauce, voire même en inventer une en faisant des mélanges. Ma préférée est la sauce sésame, dont je suis devenue accroc depuis mon arrivée à Pékin... J'ai vraiment adoré ce restaurant, très copieux et convivial. Petite précision : contrairement aux fondues que nous connaissons, il faut laisser les aliments mijoter dans la marmite ! Sur le chemin du retour, nous avons acheté des glaces aux parfums inhabituels pour moi : maïs et haricots rouges...

Ce matin, c'était grasse matinée et crêpes pour tout le monde (c'est le week-end !!!). L'après-midi, nous sommes allées avec Vanessa au parc du Temple du Ciel. Beaucoup de touristes mais également d'habitants  faisant du tai-chi, de la musique ou jouant au jianzi ( 毽子). Le jianzi est un jeu où le but est de s'échanger un volant en l'envoyant avec les pieds, sans le laisser tomber.

Après notre longue promenade dans le parc, nous rejoignons le quartier de hútòng proche de Tian'anmen. Là, nous sommes surprises de découvrir un quartier complètement refait à neuf (pour les Jeux Olympiques de 2008) et très différents des traditionnels hútòng. Nous le baptisons "fake hútòng" car on dirait un décor. D'ailleurs, les fleurs qui agrémentent les rues sont fausses... 


Dans la rue principale (Qianmen Dajie), on peut trouver des enseignes occidentales : H&M, Sephora, Zara, ... Cet endroit ressemble à une vitrine pour touristes. Avant de rentrer à l'appartement, nous nous sommes arrêtées au Duyichu, restaurant conseillé par le Lonely Planet, pour y manger des raviolis (shao mai).

vendredi 8 avril 2011

Tourisme / Tourism

Hier soir, nous sommes allés manger avec des amis de Vanessa au Spice Spirit, restaurant à la décoration moderne et classieuse, où l'on mange très épicé, mais alors très très épicé. Ni le jus de prune ni le riz n'ont réussi à apaiser le feu qui s'était emparé de mes lèvres et de ma langue...

Aujourd'hui, jeudi 8 avril, j'ai décidé de jouer les touristes parmi les touristes et d'aller visiter la Cité Interdite. Grande aventure... D'abord, il a fallu prendre le métro et acheter un ticket, ce qui était déjà une première épreuve. Ensuite, en sortant à la station Qianmen, la difficulté a été de trouver puis d'aller sur la place Tian'anmen ( 天安門廣場 ). Et une fois arrivée... au secours, des groupes de touristes partout ! Mais le pire restait à venir...


La Cité Interdite est l'ancien palais impérial, datant du 15ème siècle, mais c'est aussi l'un des sites les plus visités en Chine. Au début, j'ai détesté la visite parce qu'il y avait beaucoup trop de monde et c'était insupportable. Le summum est atteint devant le trône impérial, qui suscite attroupements et bousculades. Mais heureusement, la deuxième partie de la visite m'a mené dans la cour intérieure, beaucoup plus calme. Cet espace est divisée en plusieurs petits palais, permettant ainsi la dispersion des visiteurs et donnant ainsi la possibilité d'apprécier le lieu.


Je suis tout de même heureuse d'avoir vu la Cité Interdite de mes propres yeux, d'avoir pu en apprécier sa beauté et constater sa démesure.

J'ai ensuite continué ma progression vers le parc Jingshan ( 竟山公元 ). Je suis montée en haut de la colline jusqu'au Palais du Printemps Éternel. De là, il y a une superbe vue sur les toits de la Cité Interdite et on peut vraiment se rendre compte de son étendue.

Je suis ensuite allée à découvrir d'autres hútòng, situés entre Gulou Dongdajie et Di'anmen Dongdajie. Quartier plus touristique que celui sillonné la veille, avec de nombreuses boutiques dans lesquelles j'ai pu faire un peu de shopping.

jeudi 7 avril 2011

Découverte de la ville / Discovery of the city

Hier soir, Vanessa et moi sommes allées au restaurant près de chez elle. Nous avons emprunté la "rue des fantômes" (Gui Jie ou Dongzhimennei Dajie). Dans cette rue, il n'y a quasiment que des restaurants. Et lorsqu'il fait nuit, la rue est éclairée par de nombreux lampions rouges suspendus au-dessus des trottoirs et des enseignes.


Le petit restaurant où l'on s'installe ne paye pas de mine mais nous y avons très bien mangé (nouilles sauce sésame, céleri et tofu épicés, boisson au thé) pour seulement une vingtaine de yuans (soit un peu plus de 2€).

Aujourd'hui, après avoir changé quelques euros en yuans à la Bank of China, je suis partie seule à la découverte de Pékin. J'ai choisi de commencer mon exploration de la ville par le quartier de Chaoyang ( 朝陽區 ).
Pour 10 Y, je peux visiter le temple de Dongyue. Ce temple taoïste, fondé en 1319 sous la dynastie Yuan, est dédié à l'une des 5 montagnes sacrées chinoises. Lorsque l'on visite le temple, on traverse 3 grandes cours. La principale est bordée d'une multitude de petites pièces ouvertes vers l'intérieur de la cour et présentant des statues grandeur nature. On peut déposer des offrandes si on le souhaite pour demander leur protection.


Je me suis ensuite dirigée vers le Parc Ritan pour déjeuner. Il fait beau, le parc est charmant. Ici et là, des pékinois en profitent pour faire du tai-chi. J'arpente les allées du parc et monte sur les petits collines qui surplombent le parc et m'en offrent une vue d'ensemble ainsi que sur la ville aux alentours.

Mon appareil choisit ce moment pour m'annoncer cruellement que je n'ai plus de batterie... Je rentre donc à l'appartement, où j'en profite pour me reposer un peu avant de repartir. J'arpente un peu les hútòng (quartier populaire constitué de petites ruelles) de Dongcheng, en faisant bien attention à ne pas me perdre. Au moment où j'arrive au Temple des Lamas, celui-ci est déjà fermé, je me décide alors à rentrer (mes pieds et le reste de mon corps m'en sont reconnaissants). Sur le chemin du retour, je repasse par la "rue des fantômes". Celle-ci a perdu un peu de son charme sans l'éclairage diffus des lampions. Je m'arrête dans une petite épicerie-supérette-marché pour m'acheter quelque chose à grignoter. Pas facile de si retrouver parmi tous les mets proposés. Je choisis des petits biscuits au sésame caramélisés. J'ai un peu de mal à communiquer avec le vendeur, mais celui-ci étant gentil et patient, on finit par se comprendre.

Conclusions de la journée : c'est mieux de vérifier la batterie de son appareil avant de partir le matin, ce n'est pas simple de comprendre la culture et de communiquer quand on est étranger, et surtout... demain, je prends le métro !

mercredi 6 avril 2011

Bonjour Pékin ! / Good Morning Beijing !

Il est 19h30 heure locale (13h30 en France) et j'écris mon premier article depuis mon arrivée.

J'ai pris mon avion hier à l'aéroport Charles de Gaulle. Après être passée par le comptoir d'enregistrement des bagages, il a fallu que je dise au revoir à mon amoureux. Moment un peu difficile à passer car on sait que l'on va se manquer...
Et c'est une fois seule dans ce grand aéroport que j'ai pris conscience que je partais pour de bon.

Après avoir passé le contrôle de sécurité, je me suis assise dans la salle d'attente entre une foule de chinois (départ porte 43) et de pakistanais (départ porte 41). Je regarde autour de moi, les visages européens sont rares...
Le décollage est prévu pour 21h au lieu de 20h20. Je vois l'avion arriver et se positionner. Profitant d'une minute d'inattention de ma part, ma mascotte en profite pour sortir de mon sac.


Dans l'avion, je m'installe près du hublot. Il y a des écrans de télé à plusieurs endroits qui diffusent les règles de sécurité. Ces mêmes petits écrans diffuseront en alternance pendant tout le vol des informations pratiques (altitude, vitesse, température extérieure, horaires, ...) et des films... en chinois !
Dormir dans l'avion va s'avérer plus compliqué que je ne le pensais. Je peux à peine bouger mes jambes et ma tête forme un angle droit avec mon corps... A mon "réveil" (si l'on qualifie la phase précédente de "sommeil"), j'aperçois un magnifique paysage montagneux par le hublot. Si j'en crois les écrans, nous sommes en train de survoler la Mongolie.


Le petit déjeuner est distribué vers 10h (heure chinoise, soit 4h du matin en France). On me propose : "Noodles or Omelet ?"...  J'ai opté pour l'omelette, pas encore tout à fait prête pour les nouilles matinales !

Mes oreilles commencent à me faire mal. Je regarde les écrans et constate que nous avons changé d'altitude (de 30000 à 24000 feet). Je pars à la recherche d'un chewing-gum et comme à chaque fois que je suis stressée, mon cerveau bloque ma fonction "souviens-toi" (cf. recherche du visa cambodgien) : je passe donc 10mn à chercher frénétiquement la boîte de chewing-gum dans mon sac alors que celle-ci était... dans ma poche !

L'atterrissage se fait en douceur. Je passe le poste de contrôle, je récupère mes bagages (tout ça avec quelques péripéties que je vous épargne) et retrouve Vanessa. Mon arrivée passe presque inaperçu car une star japonaise m'a précédé et m'a volé la vedette... Mais bon, Vanessa me rassure : une blonde européenne à Pékin attirera toutes les curiosités !

La suite de la journée peut se résumer avec quelques mots : appartement, douche, repas, sieste, thé, rédaction du blog. Entre tout ça, je constate que je ne peux pas accéder à Facebook, ni à Blogspot par des biais traditionnels... Vive la censure !

La nuit tombe, il est 20h40 et demain je pars à la découverte de Beijing.

mercredi 30 mars 2011

Sac de voyage / Travel bag

J-6 : probablement mon dernier post avant le départ...

Les derniers préparatifs sont en cours, l'excitation et l'angoisse du départ commencent à poindre. Des petits coups de stress ici et là, comme par exemple chercher son visa pour le Cambodge pendant 2h dans tous les recoins de sa chambre pour s'apercevoir au final qu'il est sagement conservé en .pdf sur son ordinateur...

Mais malgré les péripéties, mon sac de voyage est presque prêt et ma mascotte est déjà confortablement installée dedans pour ne pas être oubliée ! Vous vous demandez peut-être (ou pas d'ailleurs...) le pourquoi du comment de la mascotte...
Difficile d'être sur les photos quand on voyage seul(e), alors j'ai pensé qu'à la manière d'Amélie Poulain et de son nain de jardin, je pouvais adopter un compagnon de voyage qui me suivrait partout et témoignerait par sa présence de mon périple à l'autre bout du monde. J'ai laissé à mon cher et tendre le soin de choisir qui aurait l'honneur et le privilège de figurer sur mes photos. Mais qui donc a été choisi ?

Son identité ne sera dévoilée que le jour de mon départ mais en attendant, vous pourrez trouver un indice dans la photo ci-dessous...